L’oxygénothérapie hyperbare

L’oxygénothérapie hyperbare (l’OHB) est basée sur l’utilisation de la pression supérieure à la pression atmosphérique adjointe à de l’oxygène médical servi par voie respiratoire. L’équipement requis pour mener l’oxygénothérapie hyperbare est une chambre pressurisée et une source d’oxygène médical fourni par le biais d’une bouteille haute pression ou bien d’un concentrateur d’oxygène.

De quelle manière la thérapie hyperbare agit sur notre corps

L’utilisation de l’oxygène pur ou de l’air enrichi par voies respiratoires à une pression supérieure à la pression atmosphérique a pour effet l’augmentation de la pression hydrostatique ainsi que de la pression partielle d’O2 dans le gaz inspiré.

Meilleure oxygénation des tissus

Tous nos tissus et organes sont fournis en diverses substances biochimiques nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme par un vaste système de vaisseaux sanguins. Lorsque nos tissus sont insuffisamment approvisionnés en oxygène, on parle de l’hypoxie tissulaire, c’est à dire d’un apport insuffisant en oxygène par rapport aux besoins naturels des tissus. Dans le cas de l’hypoxie tissulaire ces derniers dépérissent. Lorsque l’hypoxie tissulaire est provoquée par une baisse de la densité capillaire, la thérapie hyperbare peut rétablir des pressions d’O2 tissulaire normales. La perte de petits vaisseaux sanguins peut être alors renversée par la création de nouveaux vaisseaux capillaires et une amélioration des débits sanguins microcirculatoires. C’est pourquoi la médecine hyperbare paraît être utile pour des personnes souffrant des lésions tissulaires liées au diabète de type 2 ou d’autres plaies difficiles.

Action anti-infectieuse

Les conditions hyperoxiques induites par l’oxygénothérapie hyperbare entraînent chez les bactéries plusieurs altérations physiologiques et biochimiques. L’ OHB favorise la guérison chez le patient en exerçant une action toxique sur différents germes. Il en est ainsi grâce à un effet bactéricide sur les germes anaérobies et un effet bactériostatique sur les germes anaérobies facultatifs et aérobies. L’OHB est bien décrite comme étant efficace lorsqu’elle est appliquée comme thérapie primaire ou complémentaire dans le traitement des infections. Elle trouve son application entre autres dans la forme chronique de la maladie de Lyme. L’utilisation de l’OHB s’est montrée efficace également dans le cas des infections fongiques, l’hyperoxie exerçant une action inhibitoire de la croissance fongique.

Action cicatrisante

Les mécanismes présents lors de la cicatrisation tissulaire, c’est à dire celui d’inflammation, de granulation, d’angiogenèse et d’épithélialisation se trouvent ralentis ou simplement inhibés dans une situation d’hypoxie. Sous l’effet du traitement hyperbare et ses conditions hyperoxiques, la croissance fibroblastique et la synthèse du collagène sont rétablies. L’angiogenèse est favorisée et l’épithélialisation augmente. Les tissus se régénèrent alors plus vite et les plaies cicatrisent.

Le matériel utilisé et l’application de l’oxygénothérapie hyperbare

Les chambres hyperbares rigides

Les chambres hyperbares peuvent être de construction rigide ou bien souple. Les chambres hyperbares rigides sont utilisées presque uniquement en milieu hospitalier sous haute surveillance et peuvent atteindre la pression de 3 ATA. Des caissons hyperbares rigides sont le plus souvent des structures cylindriques en acier pouvant accueillir simultanément plusieurs personnes. Leur utilisation est limitée à des situations d’urgence pour traiter les cas suivants:

  • l’accident de plongée sous-marine,
  • l’embolie gazeuse,
  • l’intoxication au monoxyde de carbone,
  • le mal aigu des montagnes,
  • le syndrome d’écrasement.

Sur ordonnance uniquement, elles trouver également l’application pour soigner des plaies difficiles dans les cas de :

  • l’infection de l’os,
  • l’infection nécrosante des tissus mous,
  • des lésions tissulaires après une radiothérapie,
  • des plaies post opératoires,
  • la surdité brusque,
  • l’ulcère diabétique.

Les chambres hyperbares souples à usage domestique

Comme mentionné précédemment, il existe également des caissons souples destinés à l’usage domestique. Ce sont des caissons hyperbares souples gonflables fabriqués en polyuréthane munis de compresseurs, pouvant contenir une à deux personnes selon les modèles. Ces caissons sont réglés à l’usine pour atteindre la pression allant le plus souvent de 1.3 ATA à 1.5 ATA, voir hyperbare.fr. Les chambres hyperbares à usage domestique sont fréquemment sollicités par des patients ou parents des patients pour une thérapie complémentaire à un traitement principal dans divers cas souvent de manière expérimentale. En cours de recherches dans beaucoup de domaines et n’ayant pas accumulé jusqu’à présent suffisamment de preuves, bien qu’offrant des résultats prometteurs dans beaucoup de cas confirmés par les patients eux mêmes ou leurs familles, la thérapie hyperbare à domicile est utilisée dans :

  • l’abcès épidural,
  • l’accident vasculaire cérébral,
  • l’autisme,
  • les cystites radiques hémorragiques,
  • la fibromyalgie,
  • l’inflammation chronique des intestins,
  • la maladie de Lyme et ses formes aiguës et neurologiques,
  • les migraines,
  • la paralysie cérébrale,
  • la perte auditive de certains types,
  • le psoriasis,
  • la sclérose en plaques,
  • la trisomie 21 etc.

Il est important de noter que chaque recours à la médecine hyperbare dans tout type d’installation doit être précédée par un avis médical favorable émanant d’un médecin spécialisé dans le domaine afin d’évaluer d’éventuels effets bénéfiques ainsi que le risque d’effets indésirables. Le traitement doit se dérouler également sous la supervision d’un médecin.

L’utilisation des chambres hyperbares domestiques dans l’autisme

Des études récentes démontrent que les enfants atteints d’autisme souffrent d’un flux sanguin réduite dans les lobes temporaux et frontaux ce qui a pour conséquence des troubles du développement de la parole et de compétences sociales. Les enfants autistes souffrent également fréquemment des troubles alimentaires et des états inflammatoires chroniques.

De nombreuses études tentent d’évaluer les effets de l’utilisation des chambres hyperbares domestiques dans le traitement des enfants atteints d’autisme. Selon certaines études basées sur l’évaluation parentale, l’oxygénothérapie hyperbare apporterait des améliorations significatives dans plusieurs domaines soumis à l’observation comme :

  • le développement des compétences sociales,
  • la motricité fine et coordination œil-main,
  • le développement du langage,
  • le développement de la motricité globale,
  • l’autonomie.

Les premiers effets positifs ont été observés au bout de 10 séances effectuées à la pression de 1.3 ATA avec 100% d’oxygène.

D’autres effets bénéfiques sont observés chez les petits patients atteints d’autisme par leurs parents suite à l’utilisation d’une chambre hyperbare domestique, comme :

  • l’apaisement et l’amélioration du bien-être,
  • l’amélioration de la concentration et de l’implication,
  • l’amélioration de l’appétit.

Des effets semblables ont pu également être observés chez les enfants atteints de trisomie bénéficiant de l’oxygénothérapie hyperbare.

L’oxygénothérapie hyperbare dans le traitement de la fibromyalgie

La fibromyalgie est un trouble persistant et débilitant susceptible d’altérer la qualité de vie de 2 à 4 % de la population. Dans plus de 80% de cas la fibromyalgie atteint les femmes entre 30 et 55 ans. La fibromyalgie apparaît comme la sensibilisation du système nerveux central et est associée à une activité cérébrale anormale. Les principaux symptômes comprennent une douleur chronique généralisée, une allodynie, autrement dit une douleur en réponse à un stimulus qui normalement ne provoque pas de douleur, une sensibilité diffuse, ainsi que de la fatigue et des troubles du sommeil. Des maux de tête, de ventre, des règles douloureuses, des fourmillement des doigts ou des pieds peuvent également être observés.

Une étude récente fournit des preuves que l’oxygénothérapie hyperbare peut améliorer les symptômes et la qualité de vie des patients atteints de fibromyalgie. De plus, l’OHB peut induire une neuroplasticité et rectifier de manière significative l’activité cérébrale anormale dans les zones liées à la douleur des patients atteints de fibromyalgie.

De nouvelles études sont nécessaires pour trouver le meilleur protocole et la durée optimale du traitement. Il est à noter que chez les malades atteints de fibromyalgie bénéficiant de l’oxygénothérapie hyperbare les caractéristiques de la douleur peuvent fluctuer, et même s’aggraver au cours des 10 à 20 premières séances, avant d’apporter une amélioration.

L’oxygénothérapie hyperbare dans le traitement de la maladie de Lyme

La maladie de Lyme ou borréliose de Lyme est une maladie infectieuse bactérienne transmise à l’homme lors d’une piqûre de tique infectée par des Borellia burgdorferi, des bactéries spiralées du groupe des spirochètes. La maladie de Lyme peut être traitée avec des antibiotiques, mais environ 20 % de ces patients présentent des symptômes persistants ou intermittents, appelés maladie de Lyme chronique. Dans ces cas, après une éventuelle phase dormante de la maladie, elle peut prendre des formes articulaires, cutanées ou neurologiques. Pour les patients atteints de la forme chronique de la maladie de Lyme, l’oxygénothérapie hyperbare offre des résultats prometteurs, bien que des informations confirmant son efficacité sont encore rares.

Dans le traitement de la maladie de Lyme, l’action bénéfique de l’OHB se base sur l’inhibition des fonctions métaboliques bactériennes due à l’augmentation de radicaux libres d’oxygène, le renforcement de la capacité des leucocytes à tuer des bactéries et en améliorant le transport de certains antibiotiques utilisés pour combattre les Borrelia burgdorferi. Dans une récente étude, 84,4 % de patients traités avec l’OHB ont montré une amélioration significative des symptômes, y compris la confusion mentale, la douleur, la dépression et la fatigue, avec environ 70% des patients qui ont montré un bénéfice durable lors de l’examen de suivi.

L’oxygénothérapie hyperbare et le diabète

Selon des études récentes l’OHB améliorerait la tolérance au glucose chez les patients diabétiques, ce qui serait très prometteur dans le traitement du diabète de type 2. D’autres études menées se consacrent à découvrir la possibilité d’arrêter la progression de la destruction des cellules β dans les cas de diabète de type 1.

L’oxygénothérapie hyperbare (l’OHB) a été également promue comme un traitement efficace des plaies du pied diabétique. Cela grâce à :

  • l’amélioration de l’hypoxie des tissus de la plaie,
  • l’amélioration de la circulation,
  • la réduction de l’œdème,
  • la diminution des cytokines inflammatoires,
  • la stimulation de la prolifération des fibroblastes,
  • la production de collagène,
  • l’angiogenèse.

Ces caractéristiques rendent l’OHB efficace dans le traitement de toutes les plaies difficiles, y compris le pied diabétique.

L’OHB est également vantée pour éradiquer les infections des tissus mous et des os difficiles à traiter par des mécanismes qui incluent la destruction des micro-organismes, l’amélioration de la fonction des leucocytes et des macrophages et l’amélioration de l’effet des antimicrobiens.

Bien que nécessitant une technologie coûteuse, l’oxygénothérapie hyperbare pourrait réduire considérablement le risque d’amputation des membres inférieurs chez les patients diabétiques présentant des plaies au pied.

L’oxygénothérapie hyperbare après une radiothérapie

L’oxygénothérapie hyperbare (OHB) pourrait soulager les symptômes autodéclarés et les effets secondaires de la radiothérapie contre le cancer dans la région pelvienne, selon une étude. Après 30 à 40 séances dans une chambre hyperbare, de nombreux patients auraient constaté une réduction des saignements, de l’incontinence urinaire et de la douleur.

L’oxygénothérapie hyperbare est éprouvée pour de nombreuses autres applications qu’il est difficile de réunir et décrire tous dans cet article.

Méritent d’être mentionnés :

  • l’incontinence fécale secondaire à une neuropathie pudendale,
  • le syndrome douloureux de la vessie et cystite interstitielle,
  • une lésion cérébrale,
  • la paralysie cérébrale,
  • un accident vasculaire cérébral (un avc).